viernes, febrero 13, 2009

Le dieu abandonne Antoine

Quand soudain, sur les minuit, tu entendras
Le cortège invisible,
Ses musiques singulières et ses voix,
À quoi bon pleurer ton destin qui s’effondre, ton œuvre
Qui a échoué, tes projets
Qui n’étaient que chimères?
En homme averti de longtemps, en homme courageux,
Fais tes adieux à cette Alexandrie qui s’en va.
Surtout ne t’abuse pas, ne dis pas que c’était
Un rêve, que ton oreille t’a trompé,
Écarte ces faux espoirs.
En homme averti de longtemps, en homme courageux,
Digne d’une telle ville,
Approche-toi de la fenêtre sans trembler;
Écoute avec ton cœur, mais sans
Les prières ni les plaintes lâches,
Comme un dernier plaisir, les échos,
Les instruments singuliers du cortège mystique
Et fais tes adieux à cette Alexandrie que tu perds.

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